Rétablir la sécurité et retrouver une justice au service du bien commun
Pages 11 du programme original
« Les Français subissent une dégradation continue de leur sécurité. Les agressions physiques se multiplient. L'ultraviolence gratuite devient un phénomène banal. Des pans entiers du territoire échappent à l'autorité de l'État. »
Tableau apocalyptique volontairement exagéré. Les statistiques de la délinquance montrent des évolutions contrastées, pas un effondrement généralisé. La dramatisation sert à justifier des mesures répressives exceptionnelles et à alimenter la peur.
« Le laxisme doit laisser la place à la fermeté et ainsi donner tout son sens à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui fait du droit à la sûreté un droit naturel et imprescriptible. »
Instrumentalisation de la Déclaration des droits de l'homme pour justifier un durcissement répressif. La Déclaration de 1789 garantit la sûreté contre l'arbitraire de l'État, pas un droit à la répression maximale. C'est un contresens historique délibéré.
« Lancer un plan d'identification de lieux pouvant être reconvertis en lieux de détention de « basse sécurité » (pour les mineurs ou les peines courtes) »
Création de camps de détention improvisés. Plutôt que d'investir dans la réinsertion ou les alternatives à l'incarcération, on cherche des bâtiments à reconvertir en prisons, y compris pour des enfants.
« Réformer une partie de la justice des mineurs (abaissement de la majorité pénale à 16 ans, possibilité de comparution immédiate...) »
Emprisonnement d'adolescents de 16 ans dans des conditions d'adultes. Abandon du principe éducatif pour les mineurs au profit d'une logique purement punitive, en contradiction avec les conventions internationales sur les droits de l'enfant.
« Mettre en place, en plus des peines planchers, la limitation de la possibilité des aménagements et réductions de peine, en particulier pour les atteintes aux personnes (renforcer la sacralisation de l'intégrité physique des personnes) »
Suppression des possibilités de réinsertion. Les aménagements de peine sont un outil essentiel pour préparer la sortie de prison et éviter la récidive. Les supprimer, c'est fabriquer de la récidive future au nom de la fermeté.
« Instituer une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre »
Permis de tuer pour la police. Une « présomption de légitime défense » signifie qu'un policier qui tue ou blesse quelqu'un est présumé avoir agi légitimement. C'est un renversement de la charge de la preuve qui rendrait quasi impossible de poursuivre des violences policières.
« Inscrire les harceleurs de rue au fichier des délinquants sexuels »
Surpénalisation disproportionnée. Mettre au même fichier que les violeurs et pédocriminels des personnes coupables de remarques déplacées dans la rue. Derrière la protection affichée des femmes, une mesure qui ciblera surtout les jeunes hommes racisés des quartiers populaires.
« Rendre obligatoire la création d'une police municipale pour les communes de plus de 10 000 habitants »
Multiplication des forces de l'ordre locales, souvent moins formées et moins encadrées que la police nationale. Coût financier énorme pour les communes, au détriment d'autres services publics.