« Le grand projet de redressement national auquel nous nous engageons devant les électeurs »
Le « redressement national » est un terme historiquement chargé, utilisé par le régime de Vichy. Il sous-entend que la France est en décadence et qu'un homme fort doit la « relever ».
« Ce projet vise à une remise en ordre dans nos rues et nos institutions, dans nos finances et notre environnement économique, dans nos écoles et nos vies. »
La « remise en ordre » est un vocabulaire autoritaire qui annonce une reprise en main sécuritaire et idéologique de tous les aspects de la société.
« Il est pour des millions de Français de toutes origines, de toutes conditions, de toutes espérances, une formidable chance pour eux-mêmes et pour leurs enfants. »
Affichage d'inclusivité en introduction, contredit par l'ensemble du programme qui organise systématiquement la distinction et l'exclusion entre Français et étrangers, et entre « bons » et « mauvais » Français.
« Cette entreprise exaltante au service de l'unité et de la concorde civile affermira une société harmonieuse, respectueuse de tous. »
La « société harmonieuse » et la « concorde civile » désignent ici une société homogène culturellement, où les différences sont gommées au profit d'un modèle unique imposé. Le « respect de tous » ne s'étend visiblement pas aux étrangers, aux musulmans, ou à ceux qui ne correspondent pas à leur vision de la « civilisation française ».
« un projet qui émancipe les consciences et déverrouille les blocages, un projet qui libère les énergies créatrices »
Derrière le vocabulaire libérateur se cache un projet de suppression des protections sociales, des normes écologiques et des contre-pouvoirs présentés comme des « blocages ».
« ce sentiment qui n'est rien d'autre que l'amour de la France et des Français »
Nationalisme sentimental qui pose un amour exclusif de la nation comme seul moteur politique, occultant que cet « amour » se traduit concrètement par le rejet de ceux qui n'en font pas partie selon leurs critères.
« La première phase viendra répondre à l'urgence sociale et sécuritaire »
La fabrication de l'« urgence » sert à justifier des mesures d'exception et à court-circuiter le débat parlementaire normal. L'association systématique du « social » et du « sécuritaire » est une technique rhétorique qui fait passer des mesures répressives pour des mesures de protection.
« Les mesures d'urgence concerneront les trois domaines que les électeurs ont jugés prioritaires [...] : la qualité de vie (pouvoir d'achat et santé), la sécurité et l'immigration. »
L'immigration placée au même rang que le pouvoir d'achat et la santé, comme si c'était un problème de même ampleur. Technique classique de l'extrême droite : faire de l'immigration la cause de tous les maux.